Je suis en train de réécouter la merveilleuse émission de Guillaume Gallienne sur France Inter. Je podcaste son émission Ca ne peut pas faire du mal sur Le Printemps des poètes…qui débute par ce qui a été toute mon enfance l’un de mes auteurs chéris, Jacques Prévert. Et en particuler son…Cancre (allez savoir pourquoi et vous en apprendrez bien plus sur moi;-)

Image provenant de la page Triche et Technologie de l’U. de Laval…ça me s’invente pas
http://wikini.ten.laval.tuxcafe.org/wakka.php?wiki=TechnologieTricherie
Le Cancre, de Jacques Prévert. (écoutez l’émission, la lecture de Serge Reggiani est merveilleuse…)
Il dit non avec la tête
Mais il dit oui avec le coeur
Il dit oui à ce qu’il aime
Il dit non au professeur.
Il est debout, on le questionne
et tous les problèmes sont posés
Soudain le fou-rire le prend
et il efface tout, les chiffres et les mots,
Les dates et les noms,
Les phrases et les pièges
Et, malgré les menaces du maître,
sous les huées des enfants prodiges,
avec des craies de toutes les couleurs
sur le tableau noir du malheur,
Il dessine le visage du bonheur
Imagine, John Lennon, Rise (ΓΚΡΟΥΝΝΙ)By Yorgos Soukoulis, Mourir pour des Idées(Georges Brassens), Ne me regarde pas comme ça, par Robin et ses copains, Brise marine de Stéphane Mallarmé, Shylock’s monologue, in the Merchant of Venice by the Greatest of All…., Le bâteau ivre, Arthur Rimbaud, Sonnet 142 by William Shakespeare (aka the Greatest of all), William Blake, Jerusalem
Imagine, by John Lennon
Imagine there’s no heaven
It’s easy if you try
No hell below us
Above us only sky
Imagine all the people
Living for today…Imagine there’s no countries
It isn’t hard to do
Nothing to kill or die for
And no religion too
Imagine all the people
Living life in peace…You may say I’m a dreamer
But I’m not the only one
I hope someday you’ll join us
And the world will be as oneImagine no possessions
I wonder if you can
No need for greed or hunger
A brotherhood of man
Imagine all the people
Sharing all the world…You may say I’m a dreamer
But I’m not the only one
I hope someday you’ll join us
And the world will live as one
Rise (ΓΚΡΟΥΝΝΙ)
I discovered the existence of the Arvanitika, a language still spoken by a handful of people in Greece and Cyprus. A very endangered language indeed! Probably in the same situation as the lady in this beautiful poem, as she complains that her “own people have forgotten me,
cast me aside, and now seek to bury” her and to whom we long to say “Rise, Rise”. You will find more information about the author and tranlator on the Oxford’s Modern Poetry in Translation page. I particularly salute the fact that it dedicated the whole issue to endangered languages. I wish it became a worldwide movement. As the crisis and the world go bad, we’ve never been in more need of beauty and poetry! Please find under the English translation, the text in this Arvanitica language.
Translation by Peter Constantine
I had a dream last night,
I saw a woman with wild eyes,
in her left arm she held an infant,
in her right hand a double-edged sword.
She glared at me and said,
‘Why have you forgotten me?’
And I asked in wonder,
‘Who are you? I know I have seen you somewhere.’
‘I am one of the women a foreign man
captured with paint on a canvas
so that I can be seen by generations to come.
My own people have forgotten me,
cast me aside, and now seek to bury me.
But you? Why did you forget me?’
‘You must be one of the women of Souli
who, to keep your honour from the enemy,
took your children in your arms
and singing ‘Farewell, poor world’,
and dancing our ancient dances,
threw yourselves and your children from the rocks,
writing sacrifice and history.
Women of Souli and Zalongu, rise!
Leave the blood you shed as icons on the rocks
so that our unborn generations can pray to them.
Take your infants, now grown, and fly high into the air,
above the clouds and between the stars
so all the world can see you,
and dance once more our ancient dances,
and show this world of misery the worth of honour
and freedom that can only be bought with blood and sacrifice.
Rise, rise, rise!’
Rise (ΓΚΡΟΥΝΝΙ)
By Yorgos Soukoulis
Πάσσι νιέ νίντερε, ντιέ μπρέμα.
Ισ’ νιέ γκρούα, μέ νιέ σσι τ’ έγκιρε.
Μπάι μέ ζερβένε ντόρε, ντιάλινε ντ’ αγκαλέ,
εδέ μέ τ’ ντιάθετινε, νιέ δικόπε θίκε.
Μ’ βισντόι μέ νιέ φιτίρε, τσ’ τ’ φρικιτόν,
εδέ μ’ θά, μούα ψέ μ’ χαρόβε?
Ε βισντόβα μέ φρίκε, εδέ μέ απορί ε πίειτα,
Τσίλια γιέ τί, ντίκου τ’ κάμε πάρε.
Γιάμε νιέ γκά ατό, τσ’ νιέ ι χούαϊ
μ’ βού μέ μπογιέ, ντέ νιέ πλιχούρε
πρ’ τ’ μ’ σιόχενε, ατά τσ’ ο’ βίνιενε
ψέ κίτα τάνετε, μ’ χαρούανε,
παστάι μ’ βιρβίνε, εδέ νάνι ντούανε τ΄μ’ κάουνινε.
Πό τί, ψέ μ’ χαρόβε?
Ο γιέσ εδέ τί, νιέ γκά ατό, γκράτε ε Σούλιτε
τσ’ πρ’ τ’ σπιτόνιτε τιμίνε γκά οχθρότε
ριμπίετε ντιέλτε τούαϊ, ντ’ αγκαλέ,
εδέ ντίκου κιντούαρε, κέ σιντέτε κόσμι ι καιμόιτε,
εδέ ντίκου λιούαρε, ατέ βάουενε ε Ζαλόγγουτε
ού βιρβίτε μπάσκε μέ ντιέλτε, γκά σκιμπίνιετε,
εδέ σκρούαιτιτε, τ’ μάδενε θισί εδέ ιστορί.
Γκράτε ε Σούλιτε ε Ζαλόγγουτε, γκρούννι.
Λίνι γκιάκιρατε τσ΄ ντέρδτε, κονίσμε ντ΄σκιμπίνιετε
πρ’ τ’ φάλενε, τ’ πά λέιτουριτε τσ’ αρούνε.
Μίρι ντιέλτε, τσ’ νάνι γιάνε μπίνε τρίμα,
εδέ βιρβίνε λιά, μπ’ λιά γκά ρέτε, πρίζε ντ’ ίλτε
πρ’ τ’ δινίσετε τ’ ού σιόχε, χέπ κόσμι
εδέ λίουανι, νιέ χέρε μέτα, ατέ βάουενε ε Ζαλόγγουτε,
εδέ φιρτίενι, κιτίατε παλιοκόσμιτε
σά βιλιένε, τιμία εδέ λεφτερία
τσ’ σπαγγούχετε, μέ γκί,
βέτιμε μέ γκιάκε, εδέ θισί
Γκρούννι, γκρούννι, ΓΚΡΟΥΝΝΙ.
Brassens, comme je l’aime!
Je viens de visiter la sympathique expo Brassens à la Cité de la Musique. Dépêchez-vous, si, comme moi, vous fondez devant cet être vraiment délicieusement familier et atypique qui a changé votre vision du monde. Je vous soumets la chanson que je préfère à toute autre, même si d’autres sont également chères à mon coeur (Lien vers la video)
Mourir pour des idées, l’idée est excellente
Moi j’ai failli mourir de ne l’avoir pas eu
Car tous ceux qui l’avaient, multitude accablante
En hurlant à la mort me sont tombés dessus
Ils ont su me convaincre et ma muse insolente
Abjurant ses erreurs, se rallie à leur foi
Avec un soupçon de réserve toutefois
Mourrons pour des idées, d’accord, mais de mort lente,
D’accord, mais de mort lente
Jugeant qu’il n’y a pas péril en la demeure
Allons vers l’autre monde en flânant en chemin
Car, à forcer l’allure, il arrive qu’on meure
Pour des idées n’ayant plus cours le lendemain
Or, s’il est une chose amère, désolante
En rendant l’âme à Dieu c’est bien de constater
Qu’on a fait fausse route, qu’on s’est trompé d’idée
Mourrons pour des idées, d’accord, mais de mort lente
D’accord, mais de mort lente
Les saint jean bouche d’or qui prêchent le martyre
Le plus souvent, d’ailleurs, s’attardent ici-bas
Mourir pour des idées, c’est le cas de le dire
C’est leur raison de vivre, ils ne s’en privent pas
Dans presque tous les camps on en voit qui supplantent
Bientôt Mathusalem dans la longévité
J’en conclus qu’ils doivent se dire, en aparté
“Mourrons pour des idées, d’accord, mais de mort lente
D’accord, mais de mort lente”
Des idées réclamant le fameux sacrifice
Les sectes de tout poil en offrent des séquelles
Et la question se pose aux victimes novices
Mourir pour des idées, c’est bien beau mais lesquelles ?
Et comme toutes sont entre elles ressemblantes
Quand il les voit venir, avec leur gros drapeau
Le sage, en hésitant, tourne autour du tombeau
Mourrons pour des idées, d’accord, mais de mort lente
D’accord, mais de mort lente
Encor s’il suffisait de quelques hécatombes
Pour qu’enfin tout changeât, qu’enfin tout s’arrangeât
Depuis tant de “grands soirs” que tant de têtes tombent
Au paradis sur terre on y serait déjà
Mais l’âge d’or sans cesse est remis aux calendes
Les dieux ont toujours soif, n’en ont jamais assez
Et c’est la mort, la mort toujours recommencée
Mourrons pour des idées, d’accord, mais de mort lente
D’accord, mais de mort lente
O vous, les boutefeux, ô vous les bons apôtres
Mourez donc les premiers, nous vous cédons le pas
Mais de grâce, morbleu! laissez vivre les autres!
La vie est à peu près leur seul luxe ici bas
Car, enfin, la Camarde est assez vigilante
Elle n’a pas besoin qu’on lui tienne la faux
Plus de danse macabre autour des échafauds!
Mourrons pour des idées, d’accord, mais de mort lente
D’accord, mais de mort lente
©http://www.musikiwi.com
Pour le Nouvel An des Arbres…ce poème du nouvel an tout court.
Une fois de temps en temps, je poste un poème qui me bouleverse ou m'émeut ou encore m'enchante....Aucun de ceux publiés ici jusqu'à présent ne m'a touchée autant que celui que je vous livre aujourd' hui. J'ai l'honneur d'en connaître l'auteur et le prix inestimable! J'aurais voulu vous l'offrir plus tôt, mais il me fallait quelques autorisations des auteurs, en particulier de Robin et de son éducateur. Il me fallait aussi le courage de vous conter l'histoire navrante mais sublime d'un petit Robin de 13 ans qui a un jour voulu jouer au jeu... du foulard. Pour ceux qui ignorent ce jeu, je vous invite à visiter les sites d'SOS Benjamin. Toujours est-il que cinq ans après ce drame qui a frappé mes amis Florence et Patrick. L'année 2011 permet de retrouver le plus radieux des sourires. Non, Robin n'est pas né une fois, il est né deux fois et Florence et Patrick ont trois enfants. L'un deux s'est estompé il y a 5 ans pour renaître avec une autre personalité, un autre destin mais toujours le même sourire, le même humour et l'espoir que d'autres petits et grands bonheur viennent faire oublier un soir de malheur. Le poème ci-dessous est celui d'un vrai Cosmo kid car la diversité, c'est cela aussi... Il ne l'a pas écrit seul mais avec de 4 autres camarades tous âgés de 14 à 18 ans qui sont pensionnaires comme lui à l'institut Guillaume Belluard à Crans-Gevrier, dans le groupe "passerelle". Si vous désirez en savoir plus sur cet institut remarquable, je me ferai un devoir de passer votre demande à mon amie Flo que j'embrasse très fort et que j'admire encore plus fort!
Mais assez de blabla, place au poème.
A vous de juger, personnellement, je trouve que la vie est belle et réserve, parmi nos tourments plus ou moins supportables, de merveilleuses pépites de bonheur.
A Robin et ses copains! Vous avez la vie devant vous et vous en connaissez le prix plus et mieux que d'autres!
cliquez sur le lien ci-dessous
Robin_groupe de mots 2010 (cliquez sur le lien)
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Brise marine, Stéphane Mallarmé
La chair est triste, hélas! et j’ai lu tous les livres. Fuir! Là bas fuir! Je sens que les oiseaux sont ivres D’être parmi l’écume inconnue et les cieux. Rien, ni les vieux jardins reflétés par les cieux Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe. O nuits! Ni la clarté déserte de ma lampe Sur le vide papier que la blancheur défend Et ni la jeune femme allaitant son enfant. Je partirai! Steamer balançant ta mâture Lève l’ancre pour une exotique nature! Un Ennui, désolé par les cruels espoirs, Croit encore à l’adieu suprême des mouchoirs! Et, peut-être, les mâts, invitant les orages Sont-ils de ceux qu’un vent penche sur les naufrages Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots… Mais ô mon coeur entend le chant des matelots!
Shylock’s monologue, in the Merchant of Venice by the Greatest of All….
“I am a Jew… Hath not a Jew eyes ?
Hath not a Jew hands, organs, dimensions, senses, affections, passions ?
Fed with the same food, hurt with the same weapons, subject to the same diseases, healed by the same means, warmed and cooled by the same winter and summer, as a Christian is ?
If you prick us, do we not bleed ? If you tickle us, do we not laugh ? If you poison us, do we not die ? And if you wrong us, shall we not revenge ? If we are like you in the rest, we will resemble you in that…”
et en Français…
“Je suis juif… un Juif n’a-t-il pas des yeux ? Un Juif n’a-t-il pas des mains, des organes, des proportions, des sens, des émotions, des passions ? N’est-il pas nourri de même nourriture, blessé des mêmes armes, sujet aux mêmes maladies, guéri par les mêmes moyens, réchauffé et refroidi par le même été, le même hiver, comme un chrétien ? Si vous nous piquez, ne saignons-nous pas ? Si vous nous chatouillez, ne rions-nous pas ? Si vous nous empoisonnez, ne mourons-nous pas ? Si vous nous faites tort, ne nous vengerons-nous pas ? Si nous vous ressemblons dans le reste, nous vous ressemblerons aussi en cela…”
Le bateau ivre…my mood of the day! Vive le Printemps
Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.
J’étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m’ont laissé descendre où je voulais.
Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l’autre hiver, plus sourd que les cerveaux d’enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N’ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.
La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu’un bouchon j’ai dansé sur les flots
Qu’on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l’oeil niais des falots !
Plus douce qu’aux enfants la chair des pommes sûres,
L’eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.
Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d’astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;
Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rhythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l’alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l’amour !
Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : je sais le soir,
L’Aube exaltée ainsi qu’un peuple de colombes,
Et j’ai vu quelquefois ce que l’homme a cru voir !
J’ai vu le soleil bas, taché d’horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !
J’ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et l’éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !
J’ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l’assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !
J’ai heurté, savez-vous, d’incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
D’hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l’horizon des mers, à de glauques troupeaux !
J’ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulements d’eaux au milieu des bonaces,
Et les lointains vers les gouffres cataractant !
Glaciers, soleils d’argent, flots nacreux, cieux de braises !
Échouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés des punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !
J’aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d’or, ces poissons chantants.
- Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d’ineffables vents m’ont ailé par instants.
Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d’ombre aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu’une femme à genoux…
Presque île, ballottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d’oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.
Et je voguais, lorsqu’à travers mes liens frêles
Des noyés descendaient dormir, à reculons !
Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l’ouragan dans l’éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N’auraient pas repêché la carcasse ivre d’eau ;
Libre, fumant, monté de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et des morves d’azur ;
Qui courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;
Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l’Europe aux anciens parapets !
J’ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
- Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t’exiles,
Million d’oiseaux d’or, ô future Vigueur ?
Mais, vrai, j’ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L’âcre amour m’a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate ! Ô que j’aille à la mer !
Si je désire une eau d’Europe, c’est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesse, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.
Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
Ni traverser l’orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons.
I just saw a rather sad version of this on stage in a disaster Peter Brook representation…I know it was an accident and the artist who performed was still brilliant enough to make us forget the mishaps. Shakespeare’s unbelievable talent accounts for the rest….
Love is my sin
Love is my sin, and thy dear virtue hate,
Hate of my sin, grounded on sinful loving,
O, but with mine, compare thou thine own state,
And thou shalt find it merits not reproving,
Or if it do, not from those lips of thine
That have profaned their scarlet ornaments
And sealed false bonds of love as oft as mine,
Robbed others’ beds’ revenues of their rents.
Be it lawful I love thee as thou lov’st those
Whom thine eyes woo as mine importune thee.
Root pity in thy heart, that when it grows
Thy pity may deserve to pitied be.
If thou dost seek to have what thou dost hide,
By self-example mayst thou be denied!
Sonnet 142 by William Shakespeare
William Blake, Jerusalem….Prompted by Martine…I forgot how much I loved this one!
And did those feet in Ancient Time
Walk upon England’s Mountain Green?
And was the holy Lamb of God
Upon England’s pleasant pastures seen?
And did the Countenance Divine
Shine forth upon our clouded Hills?
And was Jerusalem builded here
Among these Dark Satanic Mills?
Bring me my bow of burning gold!
Bring me my arrows of desire !
Bring me my spear! O Clouds, unfold!
Bring me my charriot of Fire!
I will not cease from Mental Fight,
Nor shall my Sword sleep in my Hand,
Till we have built Jerusalem
In England’s green and pleasant Land .
Sing it along I personally found this particularly moving…






January 11, 2010 at 3:02 am
This is beautiful!!!
February 28, 2011 at 6:51 am
J’aime beaucoup ton blog qui te ressemble : généreux et éclectique, continue !
February 28, 2011 at 8:22 am
Merci beaucoup, j’en rougis! L’éclectisme est le moindre de mes défauts cosmopolites;-))